À propos

Histoire du Manitoba français / Présidences

MAURICE GAUTHIER

décembre 1968 à décembre 1969

ALBERT LEPAGE

novembre 1970 à décembre 1971

LÉO ROBERT

mars 1982 à mars 1984

ÉTIENNE GABOURY

décembre 1969 à novembre 1970

ROGER COLLET

décembre 1971 à mars 1974

PHILIPPE JUBINVILLE

mars 1974 à janvier 1975

GÉRARD ARCHAMBAULT

janvier 1975 à avril 1977

RENE PICHÉ

mars 1979 à mars 1980

GILBERTE PROTEAU

mars 1980 à mars 1982 et mars 1984 à mars l985

ANDRÉ FRÉCHETTE

avril 1977 à mars 1979

RÉAL SABOURIN

mars 1985 à mars 1987

LUCILLE BLANCHETTE

mars 1987 à novembre 1988

DENIS CLÉMENT

novembre 1988 à novembre 1989

RAYMOND BISSON

novembre 1989 à novembre 1991

GEORGES DRUWÉ

novembre 1991 à novembre 1993

PATRICIA COURCELLES

octobre 1993 à octobre 1997

MICHEL CHARTIER

octobre 1997 à octobre 2000

MARIANNE RIVOALEN

octobre 2000 à octobre 2003

HENRI BISSON

octobre 2003 à octobre 2006

IBRAHIMA DIALLO

octobre 2006 à octobre 2011

NICOLE FOREST LAVERGNE

octobre 2011 à octobre 2013

MAMADOU KA

octobre 2013 à juin 2015

JACQUELINE BLAY

Octobre 2015 à

MAURICE GAUTHIER - décembre 1968 à décembre 1969

Le Congrès-Rallye inaugural de la Société franco-manitobaine de décembre 1968 s'était déroulé dans l'euphorie. L'esprit de renouveau qui y régnait avait quand même permis de rompre en douce avec la tradition de plus de cinquante ans de vie de l'Association d'éducation des Canadiens français du Manitoba. D'ailleurs, c'est le dernier président de l'AECFM, monsieur Maurice Gauthier, qui devint aussi le premier président de la SFM. Ce fait mérite d'être souligné; d'une part, il témoigne sans doute que le leadership émergent ne reniait aucunement son passé; d'autre part, il témoigne aussi des qualités de leader déjà bien connues et bien appréciées de ce dévoué Franco-Manitobain.

Comme on pouvait s'y attendre puisque c'est le sort de tout nouvel organisme, la première année de la SFM en fut une d'organisation. Mais le nouvel exécutif dirigé par Maurice Gauthier savait bien que la population franco-manitobaine entretenait de grands espoirs à son endroit et qu'elle avait fixé des attentes ambitieuses pour son nouvel organisme. Inspirés de l'enthousiasme qui avait régné au Congrès-Rallye inaugural et conscient des attentes élevées de la population, les nouveaux élus se sont lancés à la tâche à pieds joints.

Tel qu'entendu au Congrès-Rallye inaugural et par fidélité aux promesses du président, lors de son élection, comme le programme de la SFM serait à base de participation de la population, la première action du nouveau conseil fut de mettre sur pied le fameux programme d'animation. Plusieurs personnes croyaient dur comme fer aux qualités rédemptrices quasi magiques de ce programme. Pourtant celui-ci connut quelques difficultés dès son lancement. Toutefois, dans son rapport au congrès de décembre 1969, le président affirme sa confiance en ce programme, estimant qu'il «fera sans doute boule de neige» dans la prochaine année.

Dès la première année d'existence de la SFM et sous le règne de Maurice Gauthier à la présidence donc, on a aussi procédé à la mise sur pied des directorats. C'était une machinerie lourde à faire démarrer mais le vice-président interne, Étienne Gaboury, qui allait devenir le prochain président, y travailla avec diligence si bien que six directorats étaient en place lors du congrès de décembre 1969: économique, culturel, d'information, de voyages-échanges, de planification et d'évaluation et d'éducation. La masse de travail accompli et les diverses mises en chantier lancées par ces directorats en si peu de temps étaient édifiantes... et prometteuses pour l'avenir.

Du côté des relations extérieures, les activités ont foisonné aussi durant la première année de la SFM. De nombreux contacts et entretiens ont eu lieu avec divers représentants du gouvernement fédéral, notamment pour l'obtention des fonds requis pour lancer le programme d'animation sociale. Du côté provincial, les relations ont été plutôt difficiles pour ne pas dire inexistantes tant et aussi longtemps que monsieur Walter Weir occupait le poste de Premier ministre du Manitoba, soit jusqu'en juin 1969. Par ailleurs, avec l'accession au pouvoir de monsieur Edward Schreyer, les choses ont changé du tout au tout en faveur d'une cordialité et d'une ouverture remarquable donnant lieu à des relations étroites et fructueuses entre la SFM et le gouvernement provincial. Auprès du Québec et de la France aussi, la SFM s'empresse de créer des ponts; certains résultats tangibles en découlent presque aussitôt; mais surtout, les premiers contacts permettent d'entretenir l'espoir que le Québec et la France feront preuve de générosité dans les divers programmes d'aide qu'ils mettront bientôt à notre disposition.

La première année d'existence de la SFM, soit celle de la présidence du natif de La Broquerie, Maurice Gauthier, prend fin avec le congrès de décembre 1969. Ce congrès, par ailleurs, c'est un peu aussi l'apogée de l'année, l'intensité émotive y atteint un sommet semblable à celui qui avait animé le Congrès-Rallye inaugural de l'année précédente. Le congrès se déroula en effet sous le signe de «la joie de vivre» et cela, à juste titre, pour deux raisons. D'abord, la SFM pouvait se réjouir et se féliciter des divers programmes mis sur pied au cours de l'année par ses artisans de la première heure. Il y avait lieu aussi de se réjouir puisque depuis l'accession au pouvoir de l'équipe Schreyer au niveau provincial, on pouvait désormais compter sur l'appui généreux et l'attitude positive des deux paliers de gouvernement. Et comme pour sceller ce pacte tacite entre la population franco-manitobaine et son gouvernement, le Premier ministre Schreyer accepta l'invitation de la SFM de prendre la parole au congrès de décembre. Il le fit en français d'ailleurs. En outre, c'était la première fois dans l'histoire de la province qu'un Premier ministre acceptait de prendre la parole à un congrès de Manitobains de langue française. Le geste du jeune Premier ministre sympathique aux francophones fut d'autant plus apprécié qu'il en profita pour dévoiler une série de mesures concrètes réclamées par la SFM et dont la réalisation serait susceptible de contribuer de façon significative à l'épanouissement de la communauté franco-manitobaine. Il annonça notamment son intention d'introduire le projet de loi 113 en chambre plaçant le français sur un pied d'égalité avec l'anglais comme langue d'enseignement ainsi que sa volonté d'établir une maison de formation d'enseignantes et d'enseignants qui pourraient assumer les fonctions qui découleraient de la mise en oeuvre de la loi 113. En outre, Edward Schreyer annonçait la création d'un centre culturel. Trois excellentes nouvelles!

Maurice Gauthier méritait bien de cueillir cette manne pour la SFM et pour la population franco-manitobaine.