Activités de la SFM

Profil / Diane Bazin

Au cœur du rayonnement des communautés rurales

2 novembre 2018

Diane Bazin est arrivée au Réseau communautaire alors que l’organisme venait à peine de naître. D’agente de développement à directrice, elle a vu le Réseau grandir et a contribué à maintenir les traditions, à en commencer des nouvelles et à faire rayonner les communautés rurales du Manitoba pendant presque 26 ans.

C’est un peu par hasard que Diane Bazin est arrivée au Réseau communautaire. « J’avais une garderie familiale à la maison, se rappelle-t-elle. Je faisais partie de différents comités à titre bénévole. Je n’avais vu l’annonce du poste au Réseau nulle part, mais plusieurs personnes m’en avaient parlé et m’avaient conseillé de postuler. J’y suis allée et j’ai eu le poste. »

Elle a commencé en janvier 1993. « J’ai été embauchée à mi-temps comme agente de développement communautaire pour la région de la Montagne, et à mi-temps comme secrétaire. C’était les débuts du Réseau. Mon bureau était au sous-sol de la bibliothèque de Somerset. On dressait la liste des leaders dans les communautés qui s’intéressaient aux services en français. Puis on a mis des comités régionaux sur pied et on a organisé des rencontres locales pour évaluer les besoins et les prioriser. »

Dès cette année-là, le besoin d’un camp d’été pour la jeunesse est ressorti. « Souvent, les jeunes ne parlaient pas le français en dehors de l’école. Nous avons donc établi un comité pour créer le camp Chez nous, de quatre nuits et cinq jours à Spruce Woods. Le camp était toujours plein, et il y avait même une liste d’attente. C’est un des plus gros projets régionaux que nous ayons faits. »

Un an après son arrivée, Diane Bazin est devenue agente à temps plein, puis agente principale en 1995. « Il y avait beaucoup de roulement de personnel au Réseau, et la gestionnaire avait décidé de me donner un poste plus actif. Je l’appuyais davantage, en rédigeant des rapports pour l’équipe entière, et pas seulement pour ma région. »

Deux ans plus tard, alors que le Réseau fêtait ses 5 ans, Diane Bazin en est devenue la gestionnaire. « J’ai pris en charge le Réseau communautaire dans l’ensemble de la province. Puis en 2016, j’ai pris la fonction de directrice. Pour moi, le Réseau a toujours été le bras de la SFM au rural. »

En 25 ans, le Réseau communautaire a permis de faire perdurer des événements. « Nous avons appuyé des fêtes communautaires. À Saint-Pierre-Joly par exemple, les Folies Grenouilles étaient devenues Frog Follies. L’événement commençait à perdre son cachet. » Le Réseau a également collaboré avec le Children’s Festival à Winnipeg pour franciser l’activité. « On les a appuyés pendant un an, et aujourd’hui, on a toujours des activités bilingues qui y sont proposées. »

Diane Bazin se dit « choyée d’avoir pu travailler presque exclusivement en français. Ma langue est importante pour moi, et c’est quelque chose que j’ai transmis à mes enfants et que je peux transmettre à mes petits-enfants. » La langue française a d’ailleurs représenté un gros défi pour le Réseau communautaire en milieu minoritaire. 

« Quand une communauté perdait ses leaders francophones, il n’y avait plus de ressources ou d’énergie pour lutter pour le français, et on la voyait se faire assimiler. À Mariapolis par exemple, on avait mis sur pied un mini-franco-fun. Quand la personne qui était au cœur de la communauté francophone est décédée, la communauté est tombée. Quelques années plus tard, ils nous ont annoncé qu’ils ne pouvaient plus garder cette activité. C’est une peine, mais c’est une réalité. »

Sur une note plus positive, le Réseau communautaire a contribué à mettre en place des structures afin de soutenir la langue française dans les communautés qui en avaient besoin. « Nous avons créé une garderie à Shilo, à Saint-Jean-Baptiste et à Notre-Dame-de-Lourdes. Nous avons appuyé les bibliothèques de Saint-Georges, Somerset, Notre-Dame-de-Lourdes, Mariapolis et Lorette, entre autres. Et nous avons appuyé la DSFM pour obtenir les écoles à Saint-Laurent et à Laurier, une cause très importante pour les enfants et les parents qui luttaient pour depuis plusieurs années. »

Des projets, des souvenirs, tout ce que Diane Bazin gardera en elle. « J’ai aimé les communautés. C’étaient MES communautés, et elles me tenaient à cœur. Chacune était unique, avec ses forces et ses faiblesses. On a aidé à organiser des festivals, à développer des centres de santé, à construire des logements et des hôpitaux. On a mis sur pied neuf fonds communautaires avec Francofonds pour appuyer la communauté. On a développé beaucoup de projets intergénérationnels, ainsi que des projets à la radio avec Envol FM pour donner une voix au rural et partager les projets et les réussites. Ce fut un privilège de voir toutes ces communautés grandir et se développer. »

Le 26 octobre au soir, la directrice du Réseau communautaire a quitté son bureau pour la dernière fois. « Par moments, je ne voulais pas partir. Je ne voulais pas laisser ma famille au Réseau, à la SFM, ou laisser mes communautés. J’ai fait quelque chose que j’adorais pendant 25 ans. Mais maintenant, mes priorités familiales ont changé, et je veux être plus impliquée. J’ai beaucoup de projets personnels que j’aimerais entamer. Mais je reste tout de même impliquée dans certains projets du Réseau. Je ne pourrai jamais rester sans faire de bénévolat, et j’ai une si belle équipe autour que je souhaite continuer à travailler avec eux. »